A la Lueur du Lampadaire !

13 Plumes rament sans dérive - et moi, et moi, et moi !

Les 13èmes plumes d'Asphodèle portent sur le thème de la dérive –

avec les mots suivants : espérer, flotter, perdition, cap, sillage, bouteille, iceberg, vent, déambuler, bateau, continent, flots, amiral, génétique, sentiment, débarquer, faille et myrte, malhabile, muraille

qui se rapportent en grande pompe sur le thème maritime – et quelques détails sur d'autres thèmes : le reste est lié à l'imagination !

    En cet été où je manque d'eau, ce sujet m'a ravivé et je me suis surpris à rêver d'embruns et typhons, galets et crachin, juste pour ne plus avoir la peau moite que de transpiration dans mon brûlant désert d'été.

Et comme tous les emphatiques, je suis cours d'eau, petit Valmont, qui se voit Seine !

 

Vieux bateau.jpg

 

         La mer : elle me fascine ! Je trouve prouesse extraordinaire que tous ces bateaux, navires, radeaux puissent flotter, voguer, dériver sur l'eau. D'aucuns me diront que c'est voler dans les airs qui est la véritable prouesse ! Je réfute : je dis que c'est un progrès technique car chose impossible au départ. Notre génétique ne nous a pas donné d'ailes alors qu'un simple bout de bois ou notre propre corps ne coulent pas dès qu'ils se lancent sur les flots.

        Je tire d'ailleurs mon nom de la mer. Qui sonne comme une conque apposée à l'oreille. Un sentiment doux et dangereux telle l'eau qui dort... Mais non ! Je sais juste que je suis comme une feuille de myrte (*) sur la ligne de flottaison : une chimère hissant du Levant et du Ponant qui cherche à protèger des revers nuisibles et à virer vers les continents inconnus mais timonier des traditions ancestrales et ne voulant absolument pas se plonger dans trop de cargaison.

          D'où la conclusion – on me le répète si souvent que je me mets à l'espérer – que je sais très bien nager, peut-être un champion de la natation, local sûrement, se cachant de la claire-voie. Mais non ! Je barbotte comme une brique, malhabile dans mes gestes malgré tous les grigris pattes-de-grenouille-verte accrochés au cou.

         Et pourtant, à contre-courant de mon anatomie, je sais que je ne me noierais pas ! L'eau m'est si rassurante qu'une mer intérieure déambule en moi, en vagues roulantes et tonnantes. En rêve, je me réfugie dans les fond océaniques, auprès des rascasses et des poissons-anges, à dans le sillage des aventures maritimes et des expériences dignes de la marine-marchande. Que n'ai-je dévoré, logé sous le fanal, les vingt milles lieux sous les mers, au large de l'île au trésor avec le capitaine hornblower sur le déchronologue ! (**) Que n'ai-je déferlé, coque-nue, à l'assault des galères pleines de corsaires, bouteille de rhum et stylographe au poing, ou d'une traque policière se finir dans la rivière, sauvé malgré la drague. Que n'ai-je débarqué, à bord de ferry ou vaporetto, sur les terres côtières et les murailles antiques. (***)

           Amiral en perdition au gouvernail faisant mouvoir timon et safran ! Ours sur son iceberg en erre sur le flux nordique !

        Il me faut un séisme, don de Gaïa, sur une faille terrestre ou un vent fougeux des joues d'Eole pour me faire rappeler que la marée n'est pas le seul cap de mon humanité !

 

 

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(*) le bain de myrte rouge sert de conservateur de fruits sechés (figue, abricot)

(**) de Jules Verne, de Stevenson, de Forester et de Beauverger.

(***) le mur d'Adrien, la biblio de Celcius, le cap Antifer, le détroit du Bosphore et des Dardannelles, la mer Manche et la Méditérannée, le golfe de Lion et la baie de Venise.

erre : sans vent pour se mouvoir.

safran : partie plate du gouvernail

timon: pièce de bois du gouvernail pour le mouvoir

 



23/08/2013
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