A la Lueur du Lampadaire !

Ranch, bush et cow-boys ! (jeu d'écriture à 1000 mains)

Jeu d'écriture #14

de Lizly du blog à 1000 mains

pour le 20 novembre 2013.

 

Je me suis également inspiré de la 1ère phrase de son billet, à la Lizly, mis entre guillemets anglais, soit "...".

 

photo de Lullaby

 

    "L'automne commence, suivant où vous vivez, les températures se sont sacrément rafraichies, il n'est plus l'heure de s’alanguir sur un hamac." crachotte la radio, petit poste emporte-partout posé sur la vieille table en rondin vermoulu.

       « Et bah non ! hurlé-je à plein poumon – on ne risque pas de m'entendre dans le bush ! Moi, c'est le printemps en Australie ! Waouh !

       - Hé, qu'as-tu à brailler comme ça, Wooden ?
       - C'est rien, Clarie, je démens les média !
       - En écoutant Météo-Radio-Paris, pour sûr, t'y arriveras ! »

      Sautant de mon perchoir, j'attrappe le Strenton piqué sur un proche poteau et m'élance vers Clarence à cheval.

       « C'est Radio-Lizly et j'sais pas où ça s'trouve ! »

       Clarence, de son petit nom Clarie parce qu'il est fin comme une fille, mais rude comme doit l'être un cow-boy, s'est mis à rassembler les vachettes dans le clos.

       « Wooden, tu ramènes les veaux vers le hangar 3. Ok ? »

      J'acquièce à tue-tête, avant de monter sur le dos de Jolie-Jumper, petit poney qui m'emporte partout malgré que je ne suis plus un gamin – j'ai quinze ans.

      Et pestant contre les veaux récalcitrants, encourageant les froussards, huant et suant, je les fais entré dans ce hangar où les vaches nourricières les attendaient tandis que Clarie les déplaçaient si docilement sans un son de trop, des « Hé ! » et des « Ha ! Ha ! » dans le bon ton. Waouh !

      Un moment plus tard, je remarque Clarie scrutant l'horizon, la main en visière : un nuage de poussière rouge se profile au loin, amenant vers nous un autre type de troupeau, un cortège de 4x4 et le vieux pick-up du patron, Mr. Basile.

      Ils se garent à l'extérieur des limites du ranch et descendent le patron en jeans et un groupe de 7 gens en habits estivaux, boots de randonnée et sacs à dos.

    « Clarie, accompagne ces jeunes gens dans leurs quartiers et donne-leurs les instructions de bonne vie d'ici ! aboie Mr. Basile, visiblement de mauvaise humeur. »

    Sans descendre de cheval, Clarie les approche au petit trot, les saluant au passage.

      « Bonjour. »

     Et les arrivants de répondre d'une voix surexcitée, avec maints gestes :

     « Salut ! Super, le cheval !

     - C'est un vrai cow-boy, les gars !

     - Je veux essayer le chapeau !

     - Dites, on pourra monter des purs-sangs, nous aussi ?

     - Oh, regardez, là-bas, les poulains tout mignon tout plein ! »

    Oh, le pauvre Clarie n'en pouvait plus de ces jérémiades. Il se retourne sans les attendre une seconde de plus et avance vers le logis ouest, en fond d'horizon couchant. Les nouveaux arrivants le suivent tout en babillant ; je trottine derrière avec Jolie-Jumper, personne ne semblant m'avoir remarqué ni le patron me demandé.

     « Vous êtes venus faire quoi dans le coin ? demande tout d'un coup Clarie.

     - On veut vivre l'expérience du ranch, s'exclame une des filles. Un mois entier !

     - Nous sommes étudiants en dernière année et c'est notre toute dernière réunion ensemble avant de nous séparer !

      - Moi, je vais à Adelaïde, c'est super loin ! ajoute un autre. »

    Clarie s'en moquait de l'éloignement ; de toute façon, tout est loin d'ici, c'est notre chance à nous. Mais devoir supporter ces Jérémiants tout le mois, quelle lourdeur !

    « Alors vous devriez venir avec nous dans le bush lorsqu'on va emmener le troupeau pour l'été ! suggéré-je innoncemment, enthousiasmé par un peu d'action différente de la vie au ranch. »

    Clarie, virevoltant son cheval brusquement, me lance un regard si noir que je déglutie difficilement pendant que le troupeau d'étudiants accueillait mon idée avec force exclamations.

    « Oui, vous devriez. C'est beau, par ici... souffle-t-il quand même, se tournant vers le soleil. »

     Il m'aime bien, Clarie, même s'il me ronchonne souvent. Et peut-être a-t-il fait exprès d'oublier de dire que : « C'est rude par ici, ça vous fera une bonne jambe et une langue dans la poche. »

    Et c'est vrai que c'est beau, là, la plaine vide à 360 degrés, juste habillée d'un duvet malingre de verdure, malgré un temps maussade lourd de nuages moutonneux. Et l'Ayers qui se profile dans la rougeur du soir, juste sur la ligne d'horizon, plus rouge que le soleil couchant, plus rouge que la fièvre quand elle s'empare de notre corps, nous appelant qui sait vers quelle aventure !

     Mais ma vie au ranch me va aussi, comme un gant de cuir usé sur les rênes.   

 

 

 

 



27/10/2013
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